Incendie d’un bac de stockage d’hydrocarbures
Après l’incendie d’un bac de stockage, l’expertise doit établir l’origine du feu, les conditions de sa propagation, et le comportement des barrières : prévention du débordement, détection, moyens d’extinction, rétention. Le sapiteur relie ces questions aux opérations en cours au moment des faits, telles qu’elles apparaissent dans les pièces d’exploitation.
Quelle est la situation ?
Sur un dépôt ou un site de production, un bac d’hydrocarbures prend feu. Le feu peut rester limité au joint d’un toit flottant ou gagner la cuvette de rétention, voire les bacs voisins. L’extinction mobilise les moyens fixes du site et les secours extérieurs. Le site peut relever du régime Seveso. Assureurs, exploitant, entreprises intervenantes et tiers exposés cherchent à établir les circonstances.
Quelles questions l’expertise doit-elle éclairer ?
- Quelle opération était en cours : remplissage, transfert, vidange, maintenance, intervention d’une entreprise extérieure ?
- Y a-t-il eu débordement ? La mesure de niveau, l’alarme de niveau très haut et l’arrêt de remplissage ont-ils fonctionné, et étaient-ils indépendants les uns des autres ?
- Quelle a été la source d’inflammation probable ?
- Les moyens d’extinction à mousse et de refroidissement étaient-ils disponibles, dimensionnés et mis en œuvre à temps ?
- La rétention a-t-elle joué son rôle : capacité, étanchéité, état des vannes de purge ?
Pourquoi une expertise technique générale ne suffit-elle pas ?
Un spécialiste de l’incendie établira la zone de départ et la dynamique du feu. La question de savoir pourquoi le produit était là, à ce niveau et à ce moment, est une question d’exploitation. Elle se lit dans les ordres de transfert, les historiques de niveau, les consignes de poste, les permis de travail et les relèves.
Qu’apporte le sapiteur ?
- La reconstitution des opérations qui ont précédé le départ de feu.
- L’examen des barrières de prévention du débordement : conception, essais, inhibitions éventuelles, réponse de l’opérateur aux alarmes.
- La confrontation à l’étude de dangers et aux mesures de maîtrise des risques qu’elle retenait pour ce scénario.
- La lecture de l’organisation : consignes de transfert, surveillance, coordination avec les entreprises extérieures.
Il ne se prononce pas sur les responsabilités.
Voir aussi : sites Seveso et installations classées, installations pétrolières et gazières, le sapiteur, cadre juridique.
Questions fréquentes
Quelles barrières protègent un bac de stockage d'hydrocarbures ?
Principalement la prévention du débordement (mesure de niveau, alarme et arrêt de remplissage indépendants), la maîtrise des sources d'inflammation, la détection, les moyens d'extinction à mousse et de refroidissement, et la rétention qui confine les écoulements.
Pourquoi l'historique des opérations de transfert est-il important ?
Parce qu'un départ de feu sur bac peut être lié à une opération en cours : remplissage, vidange, maintenance. L'historique montre ce qui se passait, qui le faisait, et ce que les instruments indiquaient.
Le sapiteur évalue-t-il le dommage ?
Non. L'évaluation des dommages relève de l'expert désigné ou d'un autre spécialiste. Le sapiteur éclaire l'origine technique, la séquence et le comportement des barrières.
Rédigé par Carl Goodwin, sapiteur en risque industriel. Mise à jour : .
Définitions : Mesure de maîtrise des risques (MMR) · Seveso (seuil haut, seuil bas) · Étude de dangers