Exposition à un gaz toxique : H2S, espaces confinés, atmosphères dangereuses
Un intervenant est intoxiqué par l’hydrogène sulfuré ou un autre gaz, sur une unité, en cuve, en fosse ou dans un réseau. L’expertise doit établir d’où venait le gaz, si l’atmosphère avait été mesurée, si l’équipement avait été isolé, et si l’alerte et les secours ont fonctionné. Ces accidents touchent des personnes. Ils donnent lieu à des procédures pénales et à des actions en faute inexcusable, où ces faits techniques sont décisifs.
Quelle est la situation ?
Un opérateur ou le salarié d’une entreprise extérieure intervient sur une installation : ouverture d’un équipement, purge, nettoyage de cuve, descente dans une fosse ou un regard. Le gaz est présent, ou se dégage pendant l’intervention. La victime perd connaissance, parfois un collègue aussi en tentant de la secourir. Les conséquences vont de l’intoxication légère au décès. On rencontre cette situation dans les installations gazières et pétrolières, mais aussi dans l’assainissement, les stockages et partout où un produit peut dégager un gaz toxique.
Quelles questions l’expertise doit-elle éclairer ?
- D’où provenait le gaz, et en quelle quantité ? Sa présence était-elle connue ?
- L’analyse de risques de l’intervention identifiait-elle ce danger ? L’entrée en espace confiné était-elle autorisée et préparée ?
- L’atmosphère a-t-elle été mesurée avant et pendant l’intervention ? Avec quel appareil, étalonné quand ?
- L’équipement avait-il été isolé, purgé, ventilé ?
- L’intervenant portait-il un détecteur individuel et un équipement respiratoire adapté ?
- Une surveillance extérieure et des moyens de secours étaient-ils en place ?
Pourquoi une expertise technique générale ne suffit-elle pas ?
Une intoxication engage toute une chaîne : le procédé qui contient le gaz, l’intervention qui l’a libéré, la préparation, la mesure, la surveillance, les secours. Chaque maillon se lit dans des pièces différentes : permis, fiches de consignation, relevés de mesure, consignes. Les relier suppose de connaître la préparation réelle d’une intervention sur un site industriel.
Qu’apporte le sapiteur ?
- La reconstitution de la chaîne : présence du gaz, préparation, mesure, intervention, alerte, secours.
- L’examen de la préparation : analyse de risques, permis, consignation, ventilation.
- L’examen de la détection fixe et portative : implantation, état, étalonnage, seuils.
- La mise en regard des pratiques de la profession pour ce type d’intervention.
Il ne se prononce pas sur les responsabilités.
Voir aussi : maladie professionnelle et exposition chronique, accident lors d’une intervention sous permis, faute inexcusable, après un accident industriel, le sapiteur, cadre juridique.
Questions fréquentes
Pourquoi l'H2S est-il particulièrement dangereux ?
L'hydrogène sulfuré est très toxique et, à forte concentration, il paralyse l'odorat : l'odeur, perceptible à faible dose, ne constitue donc pas une alerte fiable. On le rencontre dans le gaz naturel et les hydrocarbures, mais aussi dans les réseaux et ouvrages d'assainissement et partout où de la matière organique se décompose.
Qu'est-ce qu'un espace confiné ?
C'est un volume clos ou partiellement clos (cuve, réservoir, fosse, regard, silo) où l'atmosphère peut devenir toxique, asphyxiante ou inflammable, et d'où il est difficile de sortir ou de secourir une victime. Y entrer suppose une préparation spécifique.
Quelles procédures suivent une intoxication grave ?
Selon les cas, une procédure pénale pour homicide ou blessures involontaires et une action en reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur. Dans les deux, les faits techniques de l'intervention sont au centre de l'expertise.
Rédigé par Carl Goodwin, sapiteur en risque industriel. Mise à jour : .
Définitions : Permis de travail · Faute inexcusable de l'employeur